« Les khmerveilles du barang »

Parfois fasciné, parfois déconcerté, l’expatrié rodé ou fraichement élu, tente de saisir  les codes  qui gèrent le quotidien de sa nouvelle  terre d’accueil. Loin de ses repères, de sa culture  et d’une logique occidentale qu’il ne retrouve pas, chaque jour, « le barang » est confronté à des situations insolites qui dépassent l’entendement. Dans le but de partager ces moments forts de l’existence en terre khmère  Je vous propose de publier  vos anecdotes  dans cette rubrique.

N’hésitez-pas à envoyer vos récits d’aventure et  et de « khmerveillement » à phnompenhaccueil@yahoo.fr

 

Le Barang chez le coiffeurBéatrice Quéven

  Malgré mes nombreux voyages, je n’avais pas encore eu l’occasion de m’allonger chez un coiffeur… Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai vu ces « lits » avec pour « oreiller » le bac de lavage. On le sait toutes, en tout cas pour ma part, je trouve ce moment inconfortable en général. Pencher la tête en arrière en espérant ne pas avoir d’eau qui coule sous la serviette et avoir le cou endolori après des minutes interminables… ce qui me traverse l’esprit au moment ou je relève la tête ? Je dois avoir le cerveau d’Einstein pour avoir la tête aussi lourde ! Bref, j’ai donc testé la position horizontale. Croyez moi, on doit toutes avoir l’air ridicule en y montant mais une fois installée, c’est le bonheur. Plus besoin de contorsionner le cou et la cerise sur le gâteau reste quand même le long et délicieux massage du crâne. Ici, on ne demande pas à la cliente si elle veut un massage et on ne compte pas le temps passé à la détendre. La barang que je suis repart avec le sourire et c’est bien normal !

« Le pouet pouet écolo »
Béatrice Quéven

Le pouet pouet écologique est simpliste mais efficace. La première fois, je me suis demandé: » mais qu’est ce que c’est que ça ? » Pour information j’avais le son mais pas l’image… Et puis j’ai vu ! Les « récolteurs » de plastique, cannettes, cartons tirant leur carriole à bout de bras. Je suis admirative de leur travail, dont la pénibilité est incontestable. Il est évident que ce n’est pas l’écologie qui est mise en avant dans ce travail mais l’argent que rapporte ce ramassage. Toutefois, j’aime ce » pouet pouet » des rues qui monte jusque dans les cages d’ escalier des immeubles et qui nous dit « eh je suis là, vous avez quelque chose pour moi ? »

 

Atteindrais-je le trottoir d’en face ?(Bouvard Christine)

Déambuler dans   les rues de Phnom Penh n’est pas un simple exercice de marche et traverser la chaussée, une vraie gageure !

La circulation ne cesse jamais et n’obéit à aucune règle du code de la route, inutile d’avoir les velléités de traverser sur un passage piéton  où l’on se sentirait en sécurité relative. Poser un pied sur la chaussée tout en regardant les conducteurs, pour s’assurer qu’ils nous voient, et surtout imaginer l’inimaginable. En théorie, on circule à droite mais on peut tout aussi bien se retrouver face à un véhicule en sens inverse, cela n’inquiète que  le barang fraichement élu.

J’ai donc passé les premiers jours, de ma vie phnompenhnoise,à longer ce qui sert de  trottoirs, sans m’engager sur la chaussée, puis vint le jour où forte de mes observations et de mes expériences cairotes et beyrouthines, je me résolus à rejoindre le trottoir d’en face.

Le temps écoulé me parut une éternité, la chaussée surement plus large qu’en France, le serpent de mobylettes se désarticule autour de moi, sans jamais s’arrêter, et pas à pas, enfin, j’atteignis le fameux trottoir d’en face.

 Bien que fière de l’exploit accompli, c’est  toujours la peur au ventre que je traverse les rues !

 

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